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2008-03-15 Les mots sont...
Les mots sont un amas de gouttes cristallines qui s’entremêle afin un former un grand océan. Une à une, ces gouttes sont insaisissables. Ensemble, elles s’entrelacent pour former la vie. C’est le sens des mots qui s’évaporent sous les rayons solaires de l’écrivain. La pluie n’est autre qu’une succession de mots tombant du ciel.
Les mots sont un météore lointain. Sous des milliards d’étoiles indifférentes à sa froideur apparente, quelqu’un, un extraterrestre sans doute, découvre la chaleur de son sillage. Inconnue. Sauf par celui qui la recherche.
Les mots sont la bourrasque de vent qu’on attend avec impatience. Elle rafraîchit le paysage caniculaire, agite les arbres pourtant si stables et fait des vagues minuscules – mais si belles – sur l’eau de l’étang. Elle fait avancer le bateau, chavirer le navire et agiter le pavillon des pirates. Elle soulève les tempêtes de sable. Elle brûle comme l’air timide du sud. Elle dirige la neige vers la ville endormie. Elle réveille celui qui n’y croit plus. Elle emmène la musique d’un pays à l’autre. Elle défait la chevelure et caresse doucement les joues.
Les mots sont dans les cheveux noirs de la jeunesse. Les mots sont sur les lèvres du mourant. Les mots sont le calvaire de l’écolier. Les mots sont le jeu de Prévert. Les mots sont l’ordre du soldat assassin. Les mots sont l’encre du dictionnaire. Les mots sont l’enfer de ceux qui ne les comprennent pas. Les mots sont la beauté invisible du monde. Les mots sont le chant de la symphonie pacifique. Les mots sont l’ennemi de tous… 2007-12-20 Le chant de vieIl y a environ deux mois, l'on m'a demandé d'écrire un texte patriotique. L'idée ne m'enchantait guère puisque l'inspiration ne me venait pas, mais finalement, en feuilletant à travers l'Histoire et mon imagination, j'ai réussi à pondre cette petite histoire.
Honnêtement, je ne l'aime pas. Je trouve la structure bizarre, l'histoire décousue et le titre pourri, mais comme une trentaine de personne m'en ont dit du bien, je pense qu'elle mérite malgré tout de figurer ici.
Le contexte : En 1837-38, le Bas-Canada se révolte contre le système anglais qui sert les intérêt de l'oligarchie britannique, créant ainsi plusieurs rébellions de la part des patriotes francophones (qui prêtent toujours allégeance à la France malgré le Traité de Paris de 1763). Les batailles firent rage, et chaque fois qu'un village se révoltait, les Anglais attaquaient les communautés voisines semant ainsi sur leur passage mort, viol et pillage.
Pour ceux que cela intéresse : http://pages.infinit.net/nh1837/ / http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_des_Patriotes / http://www.ph-ludwigsburg.de/html/2b-frnz-s-01/overmann/baf4/quebec/abecedaire/larebelliondespatriotes.html
Aussi, à l'époque, on considérait la chanson « À la claire fontaine » comme le chant national des Canadien français. Le vers « Jamais je ne t'oublierai » faisait supposément référence à la France mère-patrie.
Le chant de vie
La lueur du fanal éclairait ses pas dans la neige. Vêtue d’un simple châle de laine et d’une robe aux multiples jupons, Maude courait dans le paysage englouti par la nuit. Ce n’était pas la virginité hivernale qui la guidait, mais la peur. La peur des hommes en rouge, la peur d’échouer dans sa fuite. Des pensées fugitives se bousculaient dans son esprit. Elle n’arrivait plus à réfléchir, elle mouvait inconsciemment ses jambes épuisées par tant de volonté. Dans la nébulosité de son esprit, une seule chose restait claire : elle devait se détourner d’une petite bataille pour rejoindre un combat plus grand encore ; la guerre. Celle de son peuple. La sienne. En ce soir de novembre 1837, un grand danger viendrait et elle seule pouvait les prévenir.
Le faible rayon du croissant de lune tombait sur les toits d’un village endormi. Maude effleurait enfin son but. Faible et tremblotante, elle dut puiser au fond d’elle-même pour trouver la force de crier. La nuit, habituellement si réticente à livrer ses secrets, ne put s’opposer aux mots qui résonnaient contre les maisons. Les Anglais. Les Anglais arrivaient. Ils avaient dépouillé, violé et tué le village voisin. Il ne restait plus rien, l’enfer avait été ressuscité. Maude criait cela encore et encore. Elle voulait le hurler jusqu’à ce que le Seigneur lui-même vienne l’arrêter. Mais Dieu n’y fut pour rien dans la suite des choses. Un coup de feu venait d’être tiré. La jeune femme s’effondra dans la neige, le corps tordu, ensanglanté. Une balle venait de percer sa peau blanche.
***
Le cri d’alerte avait été entendu. Un désordre où se mêlait effroi et inquiétude s’éleva dans le vent glacial en laissant derrière lui un sillage d’affolement qui s’étendait à une vitesse vertigineuse. Les femmes et les enfants tirés du sommeil hurlaient de terreur et les hommes s’armaient de fourches, de carabines crasseuses et de courage. En peu de temps, les habitants se réunirent à la place centrale du village. Ils avaient besoin de s’organiser. Ces braves hommes devaient combattre et repousser l’ennemi pour protéger leurs familles, leur patrie. Au milieu de leur tempête de voix, une suggestion est née, une suggestion emplie de détresse et de naïveté, mais qui suscita pourtant une vague d’approbation : « La maison de Dieu les protègera! » Confrontés à la mort des leurs, les hommes confondent parfois un candide désespoir et une solution honorable.
***
Un enfant priait dans l’église en compagnie de sa mère, de ses sœurs et de tous les autres gens. Il était effrayé par le tumulte dantesque. Il voulait que ce torrent de sons angoissants s’arrête. Que se passait-il donc? Le petit garçon ne comprenait pas.
- Maman, j’ai peur…, dit-il d’une petite voix. - Ne t’en fais pas mon chéri, répondit sa mère d’une voix à peine plus grande. Le doux Jésus nous protègera. En attendant, chante avec moi.
Et, ensemble, ils entamèrent ce chant de leurs ancêtres, bientôt rejoint par le reste du village :
À la claire fontaine, m'en allant promener,
***
À l’extérieur, les Britanniques ravageaient tout. Rien ne leur échappait : pas un seul homme libre, pas une seule vierge sans refuge et pas même une seule propriété. Les soldats vêtus de rouge embrasaient tous les bâtiments, se réservant le plus considérable pour la fin : l’église. Ils l’encerclèrent, flambeaux en mains. Il n’a suffi que d’un mot du lieutenant pour que les flammes voraces commencent à dévorer les murs de pierres grises. Mais soudain, les soldats entendirent une douce psalmodie jaillir du lieu saint :
Sous les feuilles d'un chêne, je me suis fait sécher Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai.
Sur la plus haute branche, un rossignol chantait.
***
Longtemps après cet événement, l’on raconta encore au sein des familles cette histoire trop étrange pour être vraie, cette histoire où des Canadien français ne cessèrent de combattre que lorsque la mort s’était abattue sur eux, une mort à la fois noble et pathétique, une mort accompagnée d’une chanson entonnée en l’honneur de la France et de la vie.
Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai. 2007-12-18 LaetitiaInspiré d'une oeuvre de Victoria Francès
Pour les gens comme moi, l’affadissement des sens est une chute lente et inévitable. La nuit est mon unique compagne, dont la longue robe de mariée est un linceul qui me protège. Je suis ce qui apporte l’éternité à la rose fanée. Je suis la lectrice du livre du monde. Tu ne peux pas me fuir. La flèche que je t’ai lancée était empoisonnée de désir. Bois à la coupe de la passion qui t’enivre, bois et meurs. Tu es si faible et moi si puissante. Connais-tu mon nom ? Écoute-le bien, car c’est la dernière poésie que tu entendras avant la tombée du rideau : Laetitia.
Le corps du jeune homme gisait sur le sol, ensanglanté. Laetitia posa une dernière fois ses yeux noisette sur lui. Une larme se créa dans son globe oculaire qui brouilla sa vue. Elle s’enfuit sans se retourner.
Le cimetière. Lieu de tous les saints morts. Pas de soupirs, pas de musique, pas de mots. C’est ici chez moi.
Elle s’appuya contre un tombeau couvert de lierres. Son tombeau. Son échine frémit au contact de la pierre froide : une extase pour celle qui ne ressent plus que le froid.
Un visage angélique à qui sourire, une main dans la mienne, un baiser pour souhaiter une bonne nuit à l’enfant éternelle que je suis, c’est tout ce je demande… La vie exempte de mort est si longue sans une personne à aimer.
Un vent se leva emportant avec lui l’écho plaintif d’un autre monde. Les cheveux de Laetitia inventèrent leur propre danse sous cette cadence irrégulière. Elle ferma les yeux. Il y avait si longtemps qu’elle attendait ce moment.
Il était une fois, un tapis cramoisie ouvert sur un théâtre de douleur. J’en étais témoin, j’en suis maintenant actrice. Mon monologue intérieur s’étend sur des siècles. Je suis la tragédienne qui échappe à sa fin, la morte vivante des jardins terrestres. Mais pourtant, mon rôle est moindre. Il n’y a pas d’étoile qui brille éternellement. La chute nous attend à chaque tournant.
Un bruit de pas interrompit son soliloque. La belle rouvrit les paupières. Il était temps maintenant. L’ataraxie des sensations, le détachement absolu, la blessure de l’âme, tout cela aurait bientôt une fin. Le baiser réveillerait enfin la Belle au bois dormant. Laetitia se tourna dans la direction du bruit. Elle sourit. Elle pleura de bonheur.
Il n’a suffit que d’un visage, que d’un souffle chaud contre ses lèvres pour que se brisent en elle les chaînes de son enfer. Devant elle se tenait l’homme qu’elle attendait, celui à qui elle avait offert la mort quelques heures plus tôt. Une mort sans trépas. Une mort sans rives du Styx, sans passeur. Une mort causée par le baiser mortel, le baiser du vampire. Pour toujours, quelqu’un lui chuchoterait son nom à l’oreille. Désormais, l’éternité ne serait plus une scène de solitude. Le rideau est tombé. 2007-11-26 Le théâtre de l’inconcevableUne petite histoire de mon cru...
Le théâtre de l'inconcevable
Madame de Pahleau soupirait de soulagement. Quelle extase de se retrouver à nouveau seule dans sa demeure! Cette Annette, la conjointe de son fils, l’aîné pas le cadet, celui qui était garçon de cœur quand il était enfant et qui est maintenant procureur de la Couronne, cette Annette donc, que Madame de Pahleau détestait plus que tout au monde, venait de quitter l’appartement. La vieille dame en était soulagée. S’il avait fallu que sa bru lui fasse manquer le bulletin télévisé de vingt-deux heures…
En effet, Annette, cette « idiote de Yankee » selon les propres mots de Madame de Pahleau, avait insisté pour offrir son aide à la vaisselle et autres tâches ménagères connexes. « C’est normal de participer au ménage après que belle-maman ait servi un aussi bon repas », avait-elle dit. « Idiote », se répétait inlassablement la dame âgée. Elle n’avait pas besoin d’aide. Elle n’avait pas besoin non plus de la désagréable compagnie de cette campagnarde vulgaire et exubérante. En fait, pour être honnête, Madame de Pahleau n’avait besoin de rien (sauf d’une télécommande et du journal local) ni de personne (sauf de la visite mensuelle de son fils aîné, celle du cadet lui important si peu en fin de compte). Sa compagnie seule lui suffisait, et elle s’en réjouissait. Le reste était sans importance. Dès lors, il est tout à fait compréhensible que la proposition si indécente d’Annette ait irrité la maîtresse de maison. Le départ précipité de la jeune femme et de son mari, causé par un coup de téléphone inattendu, fut donc un apaisement accueilli avec bonne grâce par la vieille. Elle pourrait donc regarder les nouvelles du soir en toute tranquillité.
Les fesses bien ancrées dans son Lazy Boy, la commande à distance en main, la dame âgée sélectionna le Grand Journal. Au programme, les même choses insipides qu’à tous les soirs : catastrophes naturelles en Corée du Nord, homicides, danseuses nues, potins sur les vedettes de télé réalité et problèmes reliés au système de santé. Madame de Pahleau jubilait. Elle aimait regarder les choses vides de sens. Elle aimait qu’on lui rappelle que sa vie n’était pas si morne et grotesque.
Brusquement, enfin pas tant que ça puisque cela se produisait chaque soir, une envie monta dans le corps de la vielle femme : le goût de la nicotine. Madame de Pahleau était une fumeuse incorrigible. Tous les soirs, durant le bulletin de nouvelles, elle fumait des cigarettes, indiennes s’il vous plaît! Alors, comme d’habitude, elle prit le rouleau du bonheur entre ses doigts osseux avec l’idée de l’allumer avec son briquet jaune citron. Malheureusement, Madame de Pahleau avait atteint cet âge où les gestes ne sont plus aussi précis qu’avant. Cela causa sa perte. Le briquet n’alluma pas la cigarette, mais brûla plutôt une blanche mèche de cheveux qui pendouillait négligemment sur le visage de la vieille femme, répandant ainsi les flammes sur sa tête et son visage. En quelques secondes à peine, le brasier s’attaqua aux vêtements avant de brûler la chair. Madame de Pahleau hurla de douleur dans cette fournaise infernale. Elle savait comment tout cela finirait. Avant de mourir brûlée vive, une dernière pensée lui vint en tête : demain, au journal télévisé, on parlerait d’une octogénaire mystérieusement décédée dans son appartement. On mentionnerait un fauteuil carbonisé, son corps réduit en cendres et le reste de son salon demeuré intact. Un médecin légiste témoignerait de son autopsie et confirmerait son identité, alors que des policiers affirmeraient qu’une enquête serait ouverte puisqu’un fauteuil ne peut pas brûler tout seul durant trente minutes sans endommager en partie une pièce. Puis, ce fait divers ferait le tour du pays et, rapidement, de l’Amérique du Nord. Des fanatiques du paranormal s’en mêleraient, on crierait à la combustion spontanée. Son cas ferait partie des annales, on ne trouverait jamais d’explication au phénomène. Cette histoire inspirerait même un épisode d’une série télévisée célèbre sur les manifestations surnaturelles. Son décès serait par la suite une légende urbaine populaire que les gens se raconteraient en frissonnant. Oui, Madame de Pahleau savait comment tout cela se terminerait : en une nouvelle exempte de sens et de rationalité au bulletin d’information de vingt-deux heures…
Spéciale dédicace aux fans de X-files et autres amateurs de paranormal... 2007-11-25 Poésie et textesIl est temps de faire un petit ménage dans ce blogue, alors j'ai rajouté une nouvelle catégorie : poésie et textes. Désormais, tous les poèmes et les textes seront regoupés au même endroits, allégeant ainsi le journal. 2007-07-09 Âme d'océan![]() J’avais atteint le néant, et le néant était mouillé et beau. Le corail s’étendait devant moi, mais refusait de me révéler ses trésors. Les poissons clowns me faisaient la grimace, et je leur répondais d’un sourire. Les étoiles de mer se terraient sous les rochers, dans les algues, dans les secrets du monde. Aucune d’elles ne savaient que j’étais là, trop occupées à paresser dans leurs univers délectablement aquatique. Mais je ne leur reprochais pas. J’étais moi-même à la recherche de mon bonheur. Je savais qu’ici il y avait ce qui ferait ma fortune de chasseur de perle. Je savais qu’ici se cachait l’huître la plus grande de l’Océanie, du monde, de mes yeux de lynx qui ont déjà tout vu, tout, sauf sa coquille énigmatique. Je n’avais plus qu’à nager dans ses sombres profondeurs durant quelques minutes encore, et enfin la quête de ma vie serait accomplie. Ma quête… elle n’était pas motivée par la cupidité. Elle était plus que cela. À la fois passion, rêve et beauté. C’était la recherche de l’amour qui me motivait, celle que seule l’océan savait offrir, l’océan-mère, l’océan-vie, l’océan-mort. J’étais l’enfant qui retournait dans l’étreinte humide de son utérus. J’étais celui qui voulait savoir, qui voulait voir. Cette perle, si elle existait vraiment, et de cela je ne doutais pas, serait ma huitième merveille du monde, mon accomplissement, mi amor. Je la chérirais comme l’enfant chérit son jouet préféré, comme Déméter chérissait Perséphone. Elle ferait mon printemps, ma vie qui naîtrait de nouveau. Plus que quelques mètres, et je verrais la face du gardien qui la tient captive. Mes bras accélérèrent le rythme de la nage, je sentais l’exaltation monté en moi comme l’adrénaline. Je passais sous les méduses, je survolais les fonds marins. Soudain, je l’aperçu ; l’énorme mollusque qui se dressa devant moi. J’étais David et lui Goliath. Je pris une pierre et fracassai ce géant. L’armure s’ouvrit dans un bruit que même la pression de l’eau sur mon crâne ne réussit pas à couvrir. Peut-être était-ce moi qui l’imaginais? J’étais tellement excité que tout me parut possible. Rien ne pouvait faire obstacle à mon rêve, pas même l’univers et ses lois. J’étais le tragédien et l’océan était mon théâtre. Cet instant était la seconde parfaite dans l’univers, celle qui ne survient qu’une seule fois, celle qui précède la mort. Effectivement, si j’avais porté un peu plus attention, j’aurais remarqué que l’huître se trouvait au milieu d’un repère de requin, j’aurais remarqué leurs yeux affamés et leurs bouches perçantes. Si j’avais fait un peu plus attention, j’aurais senti leurs dents déchirer ma chair et broyer mes os. Si mes yeux de lynx avaient cherché à voir autre chose que mon trésor, je ne serais pas un esprit à jamais prisonnier des eaux, de cet instant si parfait que je revis en boucle indéfiniment sans m’apercevoir de ma mort. 2007-05-05 Amour, réglisse et chocolat
Dans ce texte, j'ai glissé quatre titres de livres des éditions de La Courte Échelle. Saurez-vous les trouver? Amour, réglisse et chocolat Le jour déclinait lentement dans un parapluie de couleurs rouges et orange. Le ciel dessinait demain, mais les arbres caricaturaient hier. Ils laissaient tomber leurs feuilles comme on abandonnerait un fardeau trop lourd pour soi-même. Un mal étrange envahissait l’air humide : la mort accompagnée de la promesse du renouveau. Comme c’était beau l’automne à quinze ans. La virginité candide d’une existence humaine qui côtoyait la ménopause de la nature. Cela me fascinait, me troublait presque, mais ne m’effrayait pas. J’étais bien, tout simplement. Juste bien. Le regard perdu dans la contemplation de l’herbe jaune, j’en oubliais quasiment la présence d’une force autre que celle de la Roue des saisons. C’est une tache dans ma vision qui m’a ramené à la réalité de ce parc urbain, une tache qui était la silhouette de la fille aux cheveux rouges. Elle s’avançait vers moi avec son parfum « Amour, réglisse et chocolat ». J’adorais cette odeur. Elle était ma préférée. Je dois avouer que la jeune fille rousse était la quintessence de ce moment à mes yeux, la perfection divine incarnée juste pour moi, juste pour ce soir-là, juste pour la vie entière. Elle était mon amoureuse et nous avions prévu de pique-niquer ensemble dans ce parc en l’honneur de la venue de l’automne. 2007-04-09 Le cirque empiriqueUne petite histoire de mon cru :
J’avançais parmi les rires d’enfants. Ils jouaient dans les manèges, ils s’amusaient aux jeux des clowns enjoués, ils s’extasiaient devant les acrobaties des hommes et des femmes du chapiteau et ils criaient leur joie, toujours. Comme j’adorais entendre ça. Autrefois, ces sons cicatrisaient mon âme. Maintenant, ils ne faisaient qu’accroître la langueur de mon être envers l’Amour. Mais j’étais bien, satisfait de cet état qui était la quintessence à mes yeux. Ces bonheurs d’enfants étaient un baume pour mon âme profondément blessée. Peut-être même la seule chose capable de soulager les douleurs de mes plaies béantes. Toutefois, une vérité persistait à me hanter : rien n’était si fugace que cet instant. Il n’a suffi que le jour s’endorme pour que tout cesse. Mais mon errance persistait. Ce qui n’était au début qu’un voyage empirique sur la route de l’horizon, qu’un voyage loin de mon foyer émanant de chacun de mes rêves, était maintenant devenu comparable à l’exil d’un déserteur lâche et bon à rien. C’était pourtant ici que m’avait conduite ma mauvaise fortune. Dans une fête foraine anodine, sans histoire et sans lieu d’ancrage. Le profond ciel velouté m’éclairait de ses étoiles aux reflets inconstants et illusoires, tandis que je marchais parmi les manèges inanimés. Les enfants s’étaient maintenant tus ; leur silence me guidait, leur absence me terrifiait. Un parc d’attractions sans personne pour l’habiter, c’est comme Mandylion sans son visage : un instant malsain dépourvu d’espoir, de joie, et d’essence vitale. Pourtant, après des heures de déambulation imprécise, mon pas instable fini par avoir un sens. Une destination était maintenant fixée à mon voyage. Je savais désormais comment il se terminerait. Non pas par l’Amour tant espéré, mais par les larmes amères de la désolation. Je défroissai mon manteau à l’aide de mes mains, replaçai droitement mon chapeau sur ma tête et me dirigeai la tête haute, en guise d’une ultime fierté, vers le lieu de mon accomplissement suprême : un manège. Un simple et banal manège. Il était pourtant le reflet de tout ce qui aurait du être dans ma vie sans avoir été : bonheur, innocence et merveilles. Pourtant, en cette nuit nébuleuse, ce carrousel fatal deviendrait mon tombeau. La corde autour du cou, mon corps suspendu à cette potence improvisée, je me retrouvais maintenant face à cette solitude que la Vie n’avait pas su garder pour elle-même. 2007-04-07 Chagrin d’amour bleu et blancClown triste une larme bleue est dessinée au bord de son œil perché du haut de sa demeure astrale abandonné à sa peine « Au clair de la lune, mon ami Pierrot » 2007-03-26 L'accent graveJe sais que je te l'avais promis ma chère espionne soviétique clandestine, alors le voici pour toi :
L'accent grave
Le professeur
Élève Hamlet! L'élève Hamlet (sursautant)
... Hein... Quoi... Pardon.... Qu'est-ce qui se passe... Qu'est-ce qu'il y a... Qu'est-ce que c'est?... Le professeur (mécontent)
Vous ne pouvez pas répondre "présent" comme tout le monde? Pas possible, vous êtes encore dans les nuages. L'élève Hamlet
Être ou ne pas être dans les nuages! Le professeur
Suffit. Pas tant de manières. Et conjuguez-moi le verbe être, comme tout le monde, c'est tout ce que je vous demande. L'élève Hamlet
To be... Le professeur
En Français, s'il vous plaît, comme tout le monde. L'élève Hamlet
Bien, monsieur. (Il conjugue:) Je suis ou je ne suis pas Tu es ou tu n'es pas Il est ou il n'est pas Nous sommes ou nous ne sommes pas... Le professeur (excessivement mécontent)
Mais c'est vous qui n'y êtes pas, mon pauvre ami! L'élève Hamlet
C'est exact, monsieur le professeur, Je suis « où » je ne suis pas Et, dans le fond, hein, à la réflexion, Être "où" ne pas être C'est peut-être aussi la question. Ce texte est extrait de « Paroles »
Recueil de poésie de Jacques Prévert.
Gallimard, 1949. Biographie
Jacques Prévert (4 février 1900 - 11 avril 1977) est un poète et scénariste français. Après le succès de son premier recueil de poèmes, Paroles (à 46 ans) il devient, grâce à son langage familier et ses jeux de mots, un grand poète populaire. Ses poèmes sont depuis lors célèbres dans la Francophonie et massivement appris dans les écoles françaises.
2007-01-14 Lady ButterflyPour ce poème, j'ai essayé de faire un parallèle entre l'océan, grand lieu d'introspection et d'inspiration de l'artiste, et un cocon, carapace naïve contre la douleur, mais qui empêche aussi de ressentir toutes émotions telles qu'elles sont réellement jusqu'à désensibiliser complètement. J'ai également joué sur la beauté des mots, en fait, j'ai écris ce poème pour qu'il soit lu à haute voix pour ainsi mettre en valeur la douce sonorité des mots. Je ne cache pas que j'aimerais bien être la Lady Butterfly du poème en question, en fait, j'espère de tout coeur faire comme elle dans un avenir prochain...
Et c'est un peu insolite, mais pour l'ambiance féerique, à lire en écoutant Cocoon de Björk.
![]() D'ailleurs, taper « lady butterfly » sur google image juste pour voir.
Il y a de si magnifiques images!!!
Lady Butterfly
Un cocon d’océan dans une douce vague argenté
S’ouvrit enfin après tant de tempêtes déchaînées Une femme sortit par la petite entaille
« Bonjour, mon nom est Lady Butterfly » Elle voyait le monde pour la première fois
Tout était si concret au bout de ses doigts Tout odorait le doux parfum de l’océan
Et était en harmonie avec le cycle du temps Les perles décoraient les sols marins
Les serpents veillaient sur les trésors des récifs corallins Jamais auparavant la carapace n’avait été ébréchée
Elle s’y était elle-même encagée Autrefois prisonnière de ses propres émotions
Elle s’était maintenant évadée du cocon Le papillon ouvrit ses ailes blanches et dorées « Adieu cocon » il s’était maintenant envolé 2007-01-03 Berceau![]() Ce berceau Double tranchant.n’était pas une cellule qui me retenait prisonnière il me rassurait me protégeait contre le monstre sous le lit qui se terrait aussi, parfois, dans la garde-robe : mon Pays Imaginaire. Horreurs et merveilles. Frissons, jubilations, extases. Enfance. ce berceau
ne possédait pas de barreaux pourtant, il empêchait les squelettes rieurs les épouvantails maudits et les autres créatures fantomatiques d’envahir mon esprit et de me faire du mal hélas, le berceau devint trop petit à cause d’une croissance fatale d’un maux adultère à l’innocence et le monstre s’échappa. un grondement sourd se fit entendre
lointain mais qui se rapprocha. Une plainte déchirante.
Dans le ventre. (ravisseur de bonheur qui obstruait l’estomac, l’utérus et la gorge
à l’aide de ses papillons vicieux) Fin d’un cycle.
débuta alors la valse
où les chats faméliques et les loups obèses tourbillonnaient ensemble où les démons et les ogres dévoraient les enfants. dans le placard un navire s’échoua sur un rivage et une jeune fille aux allumettes mourut gelée la gorgone s'échappa et je la vis briser un miroir pour contempler le spectacle. Horreurs sans merveilles. Cris, douleurs, cruauté. perte du berceau… 2006-12-31 Envie de crier...![]() Yeux gonflés
Joues imbibées
Visage humide et cramoisie
Lèvres retroussées
Implorantes
Les traits figés dans une tristesse d'argile
Émotions refoulées
S'extériorisant enfin
Une envie folle de crier... 2006-12-28 Atlantideje suis las de tout cela
les vagues ne m’apportent plus les trésors de leur mer elles ont englouti mon Atlantide je rêve de partir loin
de voyager sur la route de l’horizon en compagnie des chevaux sauvages je rêve qu’un grand dragon blanc
m’emporte sur son dos jusqu’aux limites de la terre je rêve des ailes de cire d’Icare
qui me porteront plus haut que l'exosphère et qui ne fonderont pas lorsque je m’approcherai du soleil je rêve que, malgré ma petitesse,
la broderie d’étoile écoute mon souhait et éclaire mon sentier jusqu’à l’exil je suis las de tout cela
mon chemin est recouvert de larmes et je suis seule sous le pommier qui ne fleurit pas peut-être qu’un jour je retrouverai mon Atlantide et qu’ils seront là, à m’attendre et à m’aimer 2006-12-27 L'hologrammeCette nuit, comme je n'arrivais pas à dormir, j'ai écrit cette petite histoire sans histoire que m'a inspirée ce poème de Rainer Maria Rilke :
Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être Veuillez excuser mes fautes d'innatention (s'il y en a), la nuit était haute dans le ciel lorsque je me suis permise ce pitit délire littéraire même pas assez délirant pour être littéraire, donc ce délire non-littéraire mais tout de même écrit. L'hologramme
Chrysanthème tenait la main de sa petite-fille. Elle l’emmenait au Musée des anciennes civilisations. Elle était certaine que cela plairait à la petite qui n’avait jamais visité de musée auparavant. Voir comment vivaient les hommes du temps de sa jeunesse, quel beau présent elle offrait à l’enfant de son fils!
- Campanule, ne lâche surtout pas ma main, il ne faut pas t’égarer dans cette foule.
Chrysanthème aimait plus que tout cette enfant chérie. Du haut de ses quatre ans, elle se comportait déjà comme une grande fille, elle l’avait bien prouvé cette semaine en attachant ses souliers, toute seule, sans l’aide de ses parents et de sa nourrice robotique. Elle était très intelligente en plus d’être jolie, elle irait très loin dans la vie, Chrysanthème en était sûre. La grand-mère admira encore quelques secondes l’enfant bien-aimée. Comme elle était mignonne dans sa petite robe rouge cerise! De plus, ses yeux en amandes et son teint de miel, traits philippins hérités de sa mère, lui donnaient un air de princesse orientale qui briserait sûrement plus d’un cœur dans un futur pas si lointain. Soudainement, une expression de joie qui se sculpta derrière le masque anti-pollution du visage angélique de la fillette ramena la grand-mère à la réalité. Elle regarda devant elle tout en réajustant son propre masque. La grande porte du musée se dessinait à travers le smog de la ville. Chrysanthème serra plus fortement la main délicate de Campanule dans la sienne et se fraya un chemin dans la dense foule composée d’hommes, de femmes et de robots de compagnie. Après quelques minutes, elles arrivèrent devant la bâtisse. La dame âgée paya le robot-guichet et entra avec sa petite fille à l’intérieur. Lorsqu’elles entrèrent dans la salle de l’exposition « Les trésors du vingtième siècle », une expression de surprise et d’émerveillement s’afficha dans les yeux innocents de la fillette qui lâcha la main de sa mamie et qui se mit à courir jusqu’au premier « trésor ».
- Regarde mamie!
Chrysanthème accourut aussi vite qu’elle pût et attrapa la main de l’enfant.
- Ne lâche jamais la main de mamie Campanule! Tu sais que c’est dangereux, tu pourrais te perdre, il y a tellement de gens ici!
- Je suis désolé mamie. Je voulais juste te demander qu’est-ce que c’est ce machin.
Campanule pointait un objet de forme carré qui possédait un écran et d’où sortait des antennes comparables à celle des « lapins », ces petits animaux étranges que son père lui avait déjà décrit à sa fille lors d’une histoire d’avant-dodo. Chrysanthème lui expliqua que cet objet étrange était une télévision, l’ancêtre de l’holotélé. C’était grâce à cet appareil que les gens regardaient des films autrefois. Oh bien sûr, elle lui expliqua également que les films de sa jeunesse n’étaient pas du tout comme ceux d’aujourd’hui. Que la technologie était différente, que les moyens étaient différents et que les histoires qui intéressaient les gens étaient différentes aussi, très différentes. La petite fille hocha la tête, ébahie par ce qu’elle voyait. Cela fit sourire Chrysanthème. Elle aurait aimé être encore une enfant afin de pouvoir d’extasier de nouveau devant tout sans être jugé par qui que ce soit, et surtout pas par elle-même, comme c’était devenu le cas à son âge. Derrière le masque anti-pollution, un sourire amer effleura les lèvres ridées de la vieille dame à cette pensée.
- Allons voir ce qu’il y a au fond de la salle, lança la gamine, excitée par ses découvertes.
Toujours en se tenant par la main, elles se dirigèrent vers le fond de la salle. Leurs pas résonnèrent sur le plancher de céramique noir et gris. Un silence pesant régnait dans cette partie du musée, chose rare en ce temps où il était méprisé plus que tout. L’espace d’une seconde, Chrysanthème en ferma les yeux de plaisir. Elle ne savait trop pourquoi, mais depuis qu’elle avait dépassé son soixante-quinzième anniversaire, ces petits moments magiques avaient prit beaucoup d’importance dans sa vie, et elle essayait d’en profiter le plus souvent possible. Son fils lui a dit, un jour, que c’était un grand signe de sagesse. Chrysanthème en a toujours doutée. Elle doutait même d’avoir atteint la sagesse. Malgré ses soixante-dix-neuf années de vie, elle se sentait encore le cœur fougueux d’une jeune adolescente de quinze ans. Tout à coup, elle sentit la main de sa petite-fille quitter de nouveau sa sécurisante main sécuritaire. Campanule avançait vers ce qui semblait être le « trésor » principal de cette exposition. La vieille dame suivit de près l’enfant bouche bée derrière son masque, qui s’était arrêtée devant la barrière lumineuse de sécurité. Lorsque Chrysanthème reconnut le trésor, son cœur s’emplit d’une émotion qu’elle ne pu identifier, mais qui était lourde, terriblement lourde.
- Qu’est-ce que c’est mamie?
- Un arbre…
- Et c’est quoi ça, un arbre?
- C’est un grand végétal. Autrefois, lorsque la terre était encore fertile, il en poussait plein du sol. Il y en avait des centaines de millions sur la planète.
- C’est joli. C’est quoi ça, ces machins-là qui sortent de partout de l’arbre?
- Ce sont des branches ma chérie.
- On dirait des bras qui soutiennent le vide.
Chrysanthème eut presque une larme à l’œil devant ces mots. Comme cette logique émanant d’une enfant de quatre ans était poétique!
- Mamie?
- Oui, ma chérie?
- Ces bidules verts qui envahissent les branches, que sont-ils?
- Ce sont des feuilles. C’est par-là que l’arbre respire.
Campanule ouvrit alors de grands yeux étoilés. Chrysanthème put y lire cette question dans ce regard candide : « Ça respire un arbre? » Elle décida donc d’y répondre.
- Les arbres respirent de l’oxygène tout comme nous, Campanule. Et non seulement ils respirent de l’oxygène, mais de plus, ils ont le pouvoir de la créer!
La femme vit alors le regard sempiternellement étoilé de l’enfant s’illuminer encore plus qu’à l’habitude. Elle sut alors qu’elle avait touché l’enfant à un endroit important de son âme.
- C’est pas croyable mamie! Ces machins peuvent créer de l’oxygène!?! Ah! Wow! Mais dit-moi, pourquoi alors cet arbre est-il un hologramme s’il peut faire de si grande chose? Pourquoi n’en exposent-ils pas un vrai?
Décidément, l’intelligence de cette fillette était incommensurable. Chrysanthème se mit même à penser que la logique d’une enfant de quatre ans était d’une implacabilité déconcertante. « Pourquoi avoir exposé un hologramme d’arbre à la place d’un véritable? Pourquoi ne pas mettre un arbre dont les feuilles produisant la photosynthèse leur permettrait enfin d’enlever ces masques ignobles? »
- Je ne sais pas ma chérie. Probablement parce que les véritables arbres sont si rares de nos jours que même les musées ne peuvent pas se permettre de s’en offrir des authentiques.
- Pourquoi ils sont si rares, mamie?
- Oh ça, c’est une longue histoire...
Puis, la gorge nouée par le souvenir de ce passé si douloureux pour l’humanité, Chrysanthème montra de la main un autre « trésor du passé » et, ensemble, elles se dirigèrent vers lui.
Campanule tendit l’oreille car, elle ne voulait pas manquer un seul mot des récits de sa grand-mère. Comme elle aimait l’écouter parler de ce passé si mystérieux et presque trop incroyable pour être vrai! 2006-11-12 L'arc de la GrâceMuse invisible qui es-tu donc?
t'es-tu là près de moi? ton visage ressemble à novembre
lors de la première neige : tout aussi serein tout aussi doux tes cheveux ondulés extravagants couleur charbon
charme l'élégance et réjouis les lèvres tes joues enjôleuses
lisses mais rondes lorsque tu souris dévorent les âmes me déchirent ta peau pâle dégage une douce odeur de lait
agrémentée du musc le plus sauvage Muse muette qui suis-je donc?
est-ce à toé qu'est destinée cette lettre d'amour adressée à personne? chante pour moi je t'en prie
maintenant dans l'enivrement d'un fugace moment juste pour moi que ton chant me séduise
comme le violon de la sirène je suis réveillée dans un rêve
où le temps lui-même n'est qu'un mirage - je sais que tout ça n'existe pas - (ça ne peut être réel
c'est trop beau trop douloureux) mais qui es-tu donc? pourquoi hantes-tu mes pensées? je souffre de ta présence mais tu n'as pourtant jamais été là 2006-03-05 L'arbre à l'enversIl est tard et je n'arrive pas à trouver le sommeil alors, pourquoi pas improviser un petit poème, à l'instant même, sur mes émotions du moment (je sens que j'en ai vraiment besoin)...
L'arbre à l'envers
J'suis un saule pleureur
Dont l'ombre dessine la silhouette
D'une fille seule et mal-aimée,
D'une fleur qui s'est fanée
Avant même d'avoir éclos
J'suis un arbre à l'envers
Mes racines ne dorment pas dans l'sol ;
Elles boivent l'eau des nuages
(Vous savez, ces gros cotons blancs dans le ciel
Formés des larmes des p'tites fées devenues femmes)
J'suis tout seul dans un vaste champs
Si grand que sa limite est l'horizon
D'où j'suis, je peux voir le soleil se levé et s'couché
Sans que jamais ses rayons ne m'éclairent
Et ne me réchauffent lors des tempêtes de neige
Des moineaux et des papillons
Trouvent repos sur mes branches
Mais refusent de manger
Mes fruits qui sont des coeurs infertiles
Sans odeur et sans saveur
Je crains le jour
Où un éclair pourfendant le ciel
Brisera mon tronc en deux morceaux
Et fera de moi une forme irréelle
Dans ce monde qui ne l'est que trop...
Je crains le jour...
Je crains le jour...
2006-02-12 La Débandade De Petite Jarretelle Rouge - Chapitre 3L’épaisse forêt verte devenait de plus en plus dense au fur et à mesure que nos deux héros approchaient de leur destination. Ils avaient encore mal aux cheveux après leur beuverie de la vieille. Le moindre petit bruit résonnait dans leurs crânes comme un cri de dragon qui se serait coincé un testicule entre deux rochers. - Dépêche-toi Pino-Chie-Haut, dit Petite Jarretelle Rouge, la nuit va tomber! Un hurlement pénible se fit alors entendre, un hurlement puissant qui descendait du ciel. Puis, un bruit sourd, comme si quelque chose avait violemment tombé sur le sol, accompagna la terre qui trembla durant quelques secondes. Tout devint soudainement noir autour d’eux. Le petit pantin de bois eut alors si peur que s’il avait eu un organisme, il aurait uriné dans son slip. - Qu’est-ce que c’était que ça?, demanda-t-il. Ils décidèrent alors de s’arrêter et de faire un campement pour la nuit. Petite Jarretelle Rouge coupa le bout du nez de bois de son frère qui avait considérablement allongé lorsque celui-ci avait prétendu ne pas avoir eu peur lors de la tombé de la nuit quelques instants auparavant, et s’en servit pour allumer un bon feu chaud. - Savais-tu que Merlin le Chanteur vient tout juste de sortir un DVD de concert? Ils bavardèrent ainsi une bonne partie de la nuit, jusqu’à ce qu’ils s’endorment. Durant le sommeil, le petit Pino-Chie-Haut découvrit que, lors de certains rêves… disons spéciales, il n’y a pas que son nez qui a le pouvoir de s’allonger. Petite Jarretelle Rouge, tant qu’à elle, faisait un rêve extrêmement bizarre. Elle rêvait que tout sa vie était le fruit de l’imagination d’une jeune femme qui s’amusait à écrire son histoire pour son simple divertissement. Petite Jarretelle Rouge eut des frissons d’effrois lors de son sommeil. Ce cauchemar l’a rendait mal à l’aise, lui faisait peur. Mais, ses appréhensions se dissipèrent vite car, bientôt, ce cauchemar laissa la place à un rêve où des farfadets pyromanes dansaient du folklore sur du Whitney Houston dans un jardin de coup de pieds aux concombres avec des barbares qui portaient des peaux de visons roses à pois jaunes… Le lendemain matin, nos deux comparses furent réveillés par le bruit désagréable d’une moto. Lorsqu’ils ouvrirent les yeux, ils virent, à une vingtaine de mètres d’eux, un loup avec une veste de cuir, un casque de moto et une paire de new rock dans les pattes arrières qui avançait vers eux, d’un pas lent. Les deux adolescents n’eurent pas peur car ils ignoraient que le loup avait préparé un plan durant la nuit. Afin d’éviter les lames de haches de quelques bûcherons qui travaillaient dans le coin, il avait prévu éloigner ses victimes du bon chemin afin qu’ils se perdent dans le plus profond des bois, là où il aurait le champ libre pour les dévorer en toute tranquillité. - Ohé!, appela le loup qui reconnut aussitôt ses dociles proies grâce aux jarretelles rouges de la jeune femme, où vous allez? Le loup leur expliqua donc que leur Mère devait encore être sous l’effet des prozacs lorsqu’elle leur avait donné ce « faux » renseignement. Nos deux héros, naïvement, crurent à son histoire et empruntèrent donc le chemin de la forêt Enchantée. Ils ignoraient que le loup leur avait raconté un vilain mensonge... À Suivre... La Débandade De Petite Jarretelle Rouge - Chapitre deuxLe Gros Méchant Loup se curait les dents avec un os. Ce petit cochon qu’il venait de dévorer était fort bien délicieux. - Y'était aussi fort ben stupide, pensa-t-il. S’cacher « dins » une maison d’paille, quel connard! Il rota sur cette pensée. Le bruit résonna dans la forêt. Plus loin, sept petits nains qui rentraient du boulot s’enfuirent en entendant le bruit suspect et inquiétant. Le loup, qui pétait maintenant son souper en riant d’un rire gras, sursauta soudainement. Devant lui, venait d’apparaître dans un boucan infernal, une femme à l'aspect sinistre. Le loup, en féroce prédateur, attaqua la jeune femme qui tendit la main vers l’avant. Un rayon d’énergie fluorescente sortit de ses doigts et toucha, de plein fouet, le loup qui flottait maintenant, tête en bas et immobilisé, au-dessus du sol. - Je suis la Fée Carabosse! La Grande Reine incontesté du Chaos, du Désordre et des Sous-Vêtements Féminins. Dernièrement, une jeune femme s’est attirée mon courroux en osant porter des jarretelles du rouge le plus vif qu’on ait vues. D’un rouge dont je suis la seule dans le Royaume qui puisse s’en revêtir. Et cette garce, elle ose maintenant se balader en public, en affichant cet affront aux yeux de tous. C’est pourquoi je fais appel à toi, Gros Méchant Loup, car tu es le Grand, l’Horrible, le Terrible, mais surtout le seul disponible, Méchant Loup! J’ai une mission à te confier : tu devras trouver Petite Jarretelle Rouge et son frère, le speudo garçon, et lui botter les fesses afin de sauver les miennes! J’ai une réputation à préserver après-tout… - Et pourquoi j’t’aiderais?, demanda le loup déconcerté. - Car je t’offrirai une belle récompense, répondit la noire Reine-Fée en libérant le loup. Tu auras la permission de faire tout ce qu’il te plaira avec les cadavres de Petite Jarretelle Rouge et de Pino-Chie-Haut, donc de les dévorer. Il n’en fallu pas plus au Gros Méchant Loup pour enfourcher sa Harley Davidson et partir dans un bruit d’enfer. Juste avant le départ, Carabosse lui avait indiquer la direction à suivre : « tourne à la deuxième borne à droite et avance tout droit jusqu’au matin ». À Suivre... La Débandade De Petite Jarretelles Rouges – Partie Un![]() Il était une fois, une jeune fille qui avait un chaperon de couleur rouge. Plus tard, elle le découpa et s’en fit un porte-jarretelle rouge. On la surnomma donc: la Petite Jarretelle Rouge. Un jour, sa mère lui dit : - Petite Jarretelle Rouge, ta Mère-Grand m’a appelé à frais-viré pour me dire qu’elle s’ennuyait, toute seule, dans sa vieille cabane au milieu de la forêt de Nulle-Part depuis qu’ils ont annulé Star Académie de la grille-horaire de la télé. Va donc lui rendre visite et demande à ton petit frère Pino-Chie-Haut de t’accompagner. Sur ce, elle lui donna un coup de pied dans le derrière et lui balança un panier de provisions à la figure pour qu’elle l’offre à Mère-Grand afin que celle-ci ne les oublie pas sur son testament. Ce panier contenait du pain, de la confiture de framboises, du shampoing contre les cheveux gris, une revue pornographique, une bouteille de whiskey, et des peppermans. Petite Jarretelle Rouge et son petit frère qui rêvait de devenir « un vrai petit garçon » partirent donc en direction de la forêt. Ils marchèrent lentement afin de ne pas écrabouiller les petites fleurs jaunes du sentier. Le problème, c’est que le sentier était fait de ciment, donc il n’y poussait pas de petites fleurs jaunes. Petite Jarretelle Rouge et Pino-Chie-Haut n’auraient peut-être pas dû boire la bouteille de whiskey réservée à Mère-Grand... À suivre... |
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